
Nantua 23 octobre 1811 – Paris 3 décembre 1851
Jean-Baptiste Alphonse Victor BAUDIN, plus connu sous le nom d’Alphonse BAUDIN, est un médecin et homme politique français né dans le département de l’Ain. Figure emblématique de la Seconde République, il est resté dans l’histoire pour son engagement républicain et son opposition au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte.
Fils d’un chirurgien militaire, il effectue ses études au collège de Nantua puis à Lyon avant de poursuivre une formation médicale à l’Hôtel-Dieu de Lyon et au Val-de-Grâce à Paris. Il obtient son doctorat en médecine en 1837 après avoir servi dans plusieurs hôpitaux militaires. Médecin aide-major dans l’armée, il est envoyé en Algérie, où ses convictions républicaines freinent son avancement. Il quitte alors l’armée et s’installe à Paris en 1838 pour exercer la médecine. Très apprécié pour son dévouement, il se consacre principalement aux populations modestes et acquiert la réputation de « médecin des pauvres ».
Ses contacts quotidiens avec le monde ouvrier renforcent ses idées sociales et républicaines. Enthousiasmé par la révolution de février 1848, il s’engage activement en politique. Proche des milieux républicains avancés, influencé par les idées saint-simoniennes et membre du groupe de la Montagne, il est élu député de l’Ain à l’Assemblée législative en mai 1849. À l’Assemblée, il défend les libertés publiques, le droit à l’instruction et s’oppose fermement à la politique conservatrice du parti de l’Ordre ainsi qu’aux ambitions du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte.
Le 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte réalise un coup d’État mettant fin à la Deuxième République. Le lendemain, Alphonse BAUDIN participe à l’organisation de la résistance républicaine dans le faubourg Saint-Antoine, à Paris. Monté sur une barricade pour encourager les insurgés, il aurait répondu à des ouvriers qui lui reprochaient de défendre son indemnité parlementaire : « Vous allez voir comment on meurt pour vingt-cinq francs. » Quelques instants plus tard, il est mortellement touché par des tirs de soldats. Bien que cette phrase soit devenue célèbre, son authenticité reste discutée par les historiens.
La mort d’Alphonse BAUDIN fait de lui un symbole du combat pour la démocratie et les libertés républicaines. Sa mémoire est honorée sous la Troisième République, notamment par l’érection de monuments et par le transfert symbolique de ses cendres au Panthéon en 1889. Son nom demeure associé au courage et à la défense des idéaux républicains face à l’autoritarisme.
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