PELLETAN Camille

PELLETAN Camille

Paris 23 juin 1846 – Paris 4 juin 1915

1. La jeunesse et la plume acérée Il grandit dans un milieu intellectuel et engagé : son père, Eugène PELLETAN, est lui-même un écrivain et homme politique républicain de renom. Camille fait des études d’histoire et de droit, mais c’est vers le journalisme qu’il se tourne très vite. Sous le Second Empire, il collabore à des journaux d’opposition. Sa plume est vive, ironique et sans concession. Il devient rapidement l’un des rédacteurs en chef de La Justice, le journal fondé par un certain Georges Clemenceau, avec qui il noue une alliance politique étroite.
2. Le député de la « Gauche Radicale » En 1881, Camille PELLETAN passe de la plume à la tribune en étant élu député des Bouches-du-Rhône (ancré notamment à Martigues, ville à laquelle il restera très attaché). Au point de vue politique, il incarne l’aile gauche du radicalisme. Ses combats majeurs de l’époque sont : •L’amnistie des Communards (les insurgés de la Commune de Paris de 1871). •L’opposition à la colonisation, qu’il juge coûteuse, injuste et contraire aux valeurs républicaines (il s’oppose farouchement à Jules Ferry sur ce sujet). •La défense de l’école laïque. Pendant l’Affaire DREYFUS, il prend courageusement le parti de l’innocence du capitaine DREYFUS, aux côtés de ZOLA et CLÉMENCEAU.
3. Un ministre de la Marine mémorable (1902-1905) Le point d’orgue de sa carrière politique arrive en 1902, lorsqu’il est nommé ministre de la Marine dans le gouvernement d’Émile COMBES. PELLETAN bouscule totalement les codes de ce ministère, traditionnellement très conservateur et aristocratique : •Social : Il améliore considérablement les conditions de travail des ouvriers des arsenaux (instauration de la journée de 8 heures) et le quotidien des marins. •Stratégie militaire : Il favorise le développement des torpilleurs et des premiers sous-marins (la « Jeune École ») au détriment des énormes cuirassés. •Le style « PELLETAN » : Connu pour son désordre légendaire, sa barbe broussailleuse et ses cheveux au vent, il détonne au milieu des amiraux en grand uniforme. Ses détracteurs le caricaturent sans relâche, mais les classes populaires l’adorent.
4. Fin de vie et postérité Après la chute du gouvernement Combes, il continue de siéger à la Chambre des députés, puis devient sénateur des Bouches-du-Rhône en 1912. Il participe activement aux débats sur la séparation des Églises et de l’État (1905). Il s’éteint en 1915 à Paris, en pleine Première Guerre mondiale.

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