CARREL Armand

CARREL Armand

Rouen 8 mai 1800 – Saint-Mandé 24 juillet 1836

Fils d’un marchand aisé, Armand CARREL fait ses études au collège de Rouen avant d’intégrer Saint-Cyr dont il sort avec le grade de sous-lieutenant. Entré dans l’armée, il prend part dans la nuit du 31 décembre 1821 au 1er janvier 1822 à la conspiration de Belfort, un complot militaire visant à renverser les Bourbons et à proclamer la République.
Lorsque la guerre avec l’Espagne éclate en 1823, il donne sa démission et s’engage dans un bataillon français de la première Légion étrangère espagnole qui combat pour la cause constitutionnelle contre ses anciens camarades. Il est fait prisonnier près de Figueras, par le général Damas, après la reddition de la Légion.
Le 19 septembre 1823 , un premier groupe de prisonniers arrive à Perpignan. Une dizaine d’officiers sont des leurs ; parmi eux Armand CARREL. Tous sont incarcérés dans la prison du Castillet. Et là, le gouvernement qui bafoue la parole donnée par le général Damas devenu ministre de la guerre donne l’ordre de les passer en jugement devant une juridiction militaire. Le 24 octobre, il comparait devant le deuxième conseil de guerre des Pyrénées-Orientales. Arguant que son client n’est plus militaire, l’avocat plaide l’incompétence du tribunal. Le gouvernement passe outre ; retardée par les batailles juridiques de la défense, l’instruction est ouverte le 11 mars 1824. Le 16, le tribunal militaire condamne à l’unanimité Armand CARREL à la peine capitale. Le condamné se pourvoit en révision. Pourvoi accepté, il est remis en prison .
Au terme de sept longs mois, le détenu est informé qu’il va être jugé à Toulouse. Il est transféré dans cette ville où on l’incarcère durant deux mois avec les droits communs. Le 20 juillet, il est jugé par le tribunal militaire de Toulouse. Au terme de la procédure, le jury se retire. À la question : « CARREL est-il coupable pour avoir pris une part active dans les affaires entre l’armée française et la légion dite libérale étrangère dans laquelle il servait en tant que sous-lieutenant », six voix sur sept répondent par la négative.
De retour à Paris, il devient le secrétaire de l’historien Augustin Thierry qui l’initie au style. Il rédige, à cette époque, son Histoire de la contre-révolution en Angleterre. Il rédige également des articles pour Le Constitutionnel, le Globe, Le Producteur, La Revue américaine et La Revue française.
Il meurt à Paris, à l’âge de 36 ans, des suites d’un duel contre Émile de Girardin en 1836. Son engagement en faveur de la liberté de la presse et de la démocratie a durablement marqué la vie politique française du XIXᵉ siècle.
Collège Pierre Curie 2026

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